Conséquences imprévues

samedi 21 octobre 2023

La modernité, et en particulier son extension technologique, nous ont fait perdre le sens de la patience. Tout ne cesse d’y aller plus vite, des déplacements à l’information – pour laquelle nous avons inventé le concept de temps réel, qui n’a rien de réel et qui n’est que la réduction de la durée chronologique réaliste à son strict minimum calculable. L’urgence commune consiste désormais à réduire tous les délais entre les causes et les effets, entre les demandes et les réponses, entre l’énonciation des problèmes et leur solution. Aussi bien donc entre le désir et sa satisfaction. Ce qui ne manque pas de générer un ressentimisme généralisé au regard de ce que le monde peut nous proposer. Parce qu’il a besoin de temps pour tenter, sans jamais être sûr d’y parvenir, de plier le réel à son fonctionnalisme. Parce que de surcroît ce dernier est loin d’être toujours compatible avec nos désirs et surtout avec leur satisfaction. Ce qui a pour effet de pousser le plus grand nombre vers des extrêmes populistes et démagogues, qui lui promettent cette satisfaction pleine et immédiate de façon inconséquente et irréaliste et l’entraînent vers le désastre pour satisfaire au plus vite leur propre désir d’accaparer l’exercice global des pouvoirs.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

La bonne raison
(4 mars 2026)

Beaucoup se désolent de ce que l’homme soit mauvais. Comme si se désoler d’une évidence pouvait y changer quoi que ce soit. Par contre on peut tout à fait se désoler de ce qu’il ne le soit (…)

Tout-à-fait inutile
(28 février 2026)

Penser n’a pas à être justifié de quelque manière que ce soit. Et surtout pas par l’utilité que ça pourrait avoir pour qui que ce soit, y compris pour qui pense. — Par BLOOM

Le sens du combat
(25 février 2026)

On ne combat jamais que des nécessités arbitraires et circonstanciées, pour les remplacer par d’autres de même facture mais qui nous semblent nous convenir mieux. — - Par BLOOM

De la nouvelle sorte de désert
(21 février 2026)

Avant on parlait dans le désert lorsque son discours se perdait dans le vide environnant des auditeurs potentiels. Aujourd’hui on parle dans le bruit toujours plus envahissant produit par leurs (…)