Ce qu’on souhaite et ce qu’on oublie

mercredi 21 juillet 2021

Ce que souhaite le plus grand nombre n’est jamais d’exercer des pouvoirs, si étendus seraient-ils, mais de bénéficier au moindre coût du plus grand nombre possible d’usages du monde. C’est pour cette raison qu’il se détourne de plus en plus de la politique au sens large – mais s’y est-il réellement jamais intéressé – et qu’il se voue massivement au divertissement. L’exercice des pouvoirs, il le sent bien, requiert au bout du compte trop d’efforts. Mais ce qu’il oublie – veut oublier peut-être – c’est que les usages du monde auxquels il peut accéder sont déterminés par l’organisation globale de l’exercice des pouvoirs et que tout usage effectif du monde impose d’être un agent, plus ou moins impliqué selon l’usage, de cet exercice.

— 
Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

A quoi sert la moralité
(24 janvier 2022)

La commune moralité est le moyen pour le groupe de justifier par une pseudo-transcendance les inévitables contraintes et violences de tous ordres nécessaires à son fonctionnement et à sa (...)

Repli
(23 janvier 2022)

Le communautarisme impose la reconnaissance universelle de ses spécificités, réelles ou prétendues, mais uniquement selon les codes qu’il édicte parce qu’il les considère comme les seuls moralement (...)

Victimes et bourreaux
(22 janvier 2022)

Une des inconséquences les plus graves et les plus dangereuses découlant du victimisme contemporain triomphant revient à considérer que toute victime, du seul fait de sa reconnaissance en tant que (...)

Posologie existentielle
(21 janvier 2022)

La transcendance, quelque figure qu’elle prenne, n’est que le traitement que nous nous appliquons pour tenter de soigner notre impuissance à nous confronter à l’irréductible et singulière (...)