Des usages de l’autre

mercredi 9 novembre 2022

L’autre nous est utile à susciter l’errance de notre désir par imitation du sien - ce qui est à la racine de toute mode. Il nous sert aussi bien de bouc émissaire pratique pour nous décharger du ressentiment que nous éprouvons envers le monde parce qu’il ne se plie pas suffisamment à ce désir. Et enfin nous le chargeons de nos propres défauts, erreurs et inconséquences autant qu’il nous est possible pour éviter d’en porter la responsabilité.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Principe de précaution
(19 septembre 2026)

On ne peut avoir d’indulgence pour autrui que si on a instauré avec lui une distance suffisante pour nous garantir de ne pas devoir en supporter les conséquences. — Par BLOOM

Trop tard !
(16 septembre 2026)

Une interprétation possible de la dépression post partum : que le corps se rende compte, de façon inconsciente, de l’erreur qu’il a commise en faisant croître l’espèce. — Par BLOOM

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM

Faut-il réagir ?
(9 septembre 2026)

Au fond de toute réaction il y a du ressentiment : on en veut de sa simple existence à ce à quoi on réagit. On ne peut pas le surmonter par sa propre affirmation, alors on s’y oppose. — Par BLOOM