Du progrés

mercredi 10 juin 2026

L’erreur fondamentale que nous commettons concernant les affaires humaines consiste en ce que nous considérons, implicitement le plus souvent, que l’homme a un fond bienveillant dont seules les circonstances où il se trouve placé empêchent l’expression. Et qu’une amélioration de ces dernières, en particulier par le confort que nous apporte la technologie, permettrait sa manifestation. Mais l’homme ne dispose pas d’assez de puissance singulière pour se permettre la bienveillance. Son impuissance et sa médiocrité générique le vouent à une malveillance tenace, envers ses semblables et envers le monde, et il n’use de la technologie que comme moyen de la mettre en œuvre plus systématiquement et férocement. Se dévoile là le fondement de toutes les illusions progressistes.

— 
Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM

Sénilité
(25 mars 2026)

Faire tourner l’adversité à notre profit, comme moyen d’exercer notre puissance singulière, nous l’avons désappris, nous vieux européens. Parce que nous ne sommes même plus capables d’entendre (…)

Dernier amour
(21 mars 2026)

La passion identitaire est le refuge ultime du dernier homme, privé de toute capacité à se doter d’une individuation singulière. Passion triste par laquelle il espère masquer cette impuissance par (…)