Individualismes

samedi 8 novembre 2025

Il y a un individualisme conséquent, qui s’efforce de mener son existence selon ce qui lui convient singulièrement en assumant les conséquences, éventuellement dommageables, de son attitude lorsque celle-ci entre en conflit avec les règles communes du groupe érigées en droit par celui-ci, tout individu humain appartenant inévitablement à un groupe, si réduit soit-il. D’où il découle qu’il n’y a jamais d’individualisme absolu, parce qu’il est nécessairement tempéré par la nécessité d’une grégarité minimale, des contraintes qu’elle impose et des risques qu’il y a à ne pas s’y plier. Et de plus en plus aujourd’hui un individualisme inconséquent, qui a la même visée que le premier mais n’entend plus en assumer aucun risque, réclamant pour y parvenir de voir ce qui lui convient singulièrement devenir un droit qui s’impose à tous, et se posant en victime lorsqu’il n’obtient pas satisfaction. Inconséquent parce que privé de la puissance de s’affirmer singulièrement, mais aussi parce que de ce fait insidieusement grégaire.

— 
Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Jusqu’à la lie
(14 octobre 2026)

Nous en sommes arrivés à un tel niveau de ressentiment global que non contents de condamner le présent, aussi bien au nom de dérives avérées que supposées, lorsqu’elles ne sont pas carrément (…)

Toujours perdant
(10 octobre 2026)

Toute forme de compétition est une abdication de singularité puisqu’elle a pour présupposé la soumission à une mesure commune. — Par BLOOM

Faute de grives on mange des merles
(7 octobre 2026)

Toute revendication identitaire, avec la demande systématique de reconnaissance qu’elle comporte, n’est que le moyen de se doter d’une identité par identification à un groupe lorsqu’on est (…)

On peut rêver !
(3 octobre 2026)

A force de se trouver submergé de victimes piaillantes, étalant sans vergogne leur ressentiment et réclamant bruyamment vengeance, on se prend à rêver que les dommages dont elles se plaignent, à (…)