Individualismes

samedi 8 novembre 2025

Il y a un individualisme conséquent, qui s’efforce de mener son existence selon ce qui lui convient singulièrement en assumant les conséquences, éventuellement dommageables, de son attitude lorsque celle-ci entre en conflit avec les règles communes du groupe érigées en droit par celui-ci, tout individu humain appartenant inévitablement à un groupe, si réduit soit-il. D’où il découle qu’il n’y a jamais d’individualisme absolu, parce qu’il est nécessairement tempéré par la nécessité d’une grégarité minimale, des contraintes qu’elle impose et des risques qu’il y a à ne pas s’y plier. Et de plus en plus aujourd’hui un individualisme inconséquent, qui a la même visée que le premier mais n’entend plus en assumer aucun risque, réclamant pour y parvenir de voir ce qui lui convient singulièrement devenir un droit qui s’impose à tous, et se posant en victime lorsqu’il n’obtient pas satisfaction. Inconséquent parce que privé de la puissance de s’affirmer singulièrement, mais aussi parce que de ce fait insidieusement grégaire.

— 
Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM

Sénilité
(25 mars 2026)

Faire tourner l’adversité à notre profit, comme moyen d’exercer notre puissance singulière, nous l’avons désappris, nous vieux européens. Parce que nous ne sommes même plus capables d’entendre (…)