Kairos
(3 juin 2026)
Le grand homme, celui qui est communément reconnu tel, est celui qui se retrouve au bon moment au bon endroit et qui en tire tout le profit. Une somme de hasards irremplaçable. — Par BLOOM
mercredi 12 novembre 2025
A la question de savoir si le réel nous ment il est impossible de répondre. Parce que du fait qu’il survient aléatoirement, singulièrement, intempestivement, de notre point de vue humain il ne fait que nous mentir. Ce qui motive que nous inventions la réalité pour le remplacer. Mais étant radicalement étranger à toute vérité – celle-ci est exclusivement affaire de réalité – il l’est aussi à tout mensonge, et ne ment donc jamais. Qu’en est-il alors de la même question posée à la réalité ? On peut là y répondre, mais la réponse y est ambiguë. Parce que nous l’instaurons justement pour qu’elle manifeste une vérité ultime sur le fond de laquelle puissent s’élever ensuite toutes les vérités et les mensonges particuliers, qu’elle garantit. Et que de ce fait elle ne doit jamais mentir. Mais par ailleurs – ce que la science, qui en est l’expression la plus aboutie, a démontré – elle conserve une part irréductible d’incertitude et d’incomplétude, un reste de réel qu’elle ne peut parvenir à éliminer tout à fait, ne serait-ce que parce que celui précède systématiquement son institution. Ce qui fait qu’elle peut toujours nous mentir, même si en pratique elle ne le fait que rarement. C’est d’avoir rendu cela incontournable que nous reprocherons sans fin à la science de nous priver sans recours d’un dieu qui ne mente pas.
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Par BLOOM
Le grand homme, celui qui est communément reconnu tel, est celui qui se retrouve au bon moment au bon endroit et qui en tire tout le profit. Une somme de hasards irremplaçable. — Par BLOOM
La jeunesse et la vieillesse sont des âges de déraison. La première par présomption, la seconde par débilité. Et entre les deux règne l’inconséquence. — Par BLOOM
Ce que nous reprochons fondamentalement à la science, surtout depuis qu’elle l’a irrémédiablement démontré, et qui fait que nous nous détournons à nouveau d’elle après nous y être voués, est son (…)
L’entêtement que nous mettons à doter le monde d’un sens, qui de plus nous concerne, montre malheureusement qu’en dépit de notre prétention à l’avoir accompli le meurtre de dieu reste pour nous de (…)