Se refaire un prénom

dimanche 22 janvier 2023

Drôle de jeu auquel se livrent opposants politiques et syndicalistes (qui bien souvent sont les mêmes). Jugez plutôt !

Les candidats « accédant aux responsabilités » (sic) voient disparaître leur prénom dans l’agora mediatico-syndicalo-politique à l’occasion de la réception des pouvoirs substantiels de la République. C’est que la tâche est introduite par l’emmantellement d’une cible que les oppositions filent avec une frénétique et confondante obstination. Dommage que dans ce tropisme suranné, la stérilité de leur imagination n’ait d’égal que leur mauvaise foi.

C’est à l’occasion de cette séance d’habillement (du costume ou du costard, question de point de vue) que les archers antagonistes, opposants de tout bord aux représentants d’un pouvoir qu’ils n’ont de cesse de convoiter, tendent à réduire leur cible à sa mire : le patronyme. Et puisqu’il faut des fomentateurs dans ce paysage polarisé victimaire, désignons-les aux cris outragés de « C’est la faute à… » ; pour la fin, choisissez votre camp : Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron…
Heureusement pour les intéressés, le démembrement patronymique tient davantage de l’illusion de quelques prestidigitateurs de kermesse ou bonimenteurs de salon, que d’as de l’argumentation ou de hérauts du bien commun.

Quant à nous, tant pis. Notre intérêt collectif demeure bien éloigné des préoccupations des postulants politicards comme des aspirantes responsables syndicales. Mais peut-être est-ce pour notre mieux. Combien n’assistons-nous, navrés et impuissants, au vacarme dénué de la moindre proposition innovante, constructive ou fondée, de ces prêcheurs et prêcheuses communautaristes (dans le domaine de la médiocrité, l’égalité des genres semble acquise de longue date ; qui pour s’en réjouir ? #BalanceTon.aCon.ne).

Aux novices, qu’ils se rassurent ! à la fin, nul besoin de retourner au vestiaire chercher son Jacques, son Nicolas, son François ou son Emmanuel ; les grooms tristes de l’actualité se chargent de les en affubler de nouveau à l’issue de leur mandat ; jusqu’à ce que les deuils nationaux ne les réhabilitent complètement.

— 
Par Marx Teirriet

Les brèves dans Tribune

Dépérissement
(20 décembre 2025)

Toute langue n’a d’autre référence, en dépit de sa prétention à dire la vérité du réel, que son propre système de fonctionnement. Lorsqu’elle dit cette supposée vérité, elle ne fait que doubler, (…)

Mauvaise pente
(17 décembre 2025)

Nous ne sommes si prompts à asservir, à nous asservir et à nous laisser asservir que parce que nous sommes une espèce grégaire. Et que cette grégarité requiert nécessairement une servitude (…)

Domination
(13 décembre 2025)

Ce qui fait qu’au fond il n’y a pas de véritable raison de se battre pour ceux qu’on qualifie de dominés, c’est que s’ils étaient aux places qu’occupent ceux qu’on appelle dominants ils se (…)

La vie est injuste ?
(10 décembre 2025)

La justice n’a rien à voir avec la vie, ni comme cause, ni comme modalité. — Par BLOOM