Séduction

samedi 22 octobre 2022

L’attrait propre aux extrêmes, quelque figure qu’ils prennent, est leur simplisme, leur radicale absence de nuance, qui peignent un monde en noir et blanc. Ce qui d’une part ne requiert qu’un effort intellectuel minime, voire nul, pour se le représenter. D’autre part permet d’y trouver facilement des causes au ressentiment que le plus grand nombre éprouve face à l’indifférence entêtée du monde. Enfin permet de se poser en victime de celles-ci, de les condamner et d’en exiger réparation immédiate, pleine et entière, ce qui est le moyen le plus facile de se décharger de ce ressentiment. On comprend mieux leur retour systématique sur le devant de la scène à chaque période troublée, c’est-à-dire ne se prêtant pas à une lecture rapide, aisée et schématique du monde et de ses fonctionnements supposés.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Qu’a-t-on fait du mode d’emploi ?
(11 mars 2026)

Le problème de l’illusion n’est pas qu’elle soit illusionnante – ça ne l’empêche pas d’avoir des effets éventuellement bénéfiques – mais de la prendre pour une vérité et non comme un simple moyen. (…)

Indigne !
(7 mars 2026)

Éprouver de l’indignation est la preuve de l’impuissance où on se trouve d’agir sur ce qui la provoque pour le modifier à notre convenance. La manifester y rajoute la présomption vulgaire de (…)

La bonne raison
(4 mars 2026)

Beaucoup se désolent de ce que l’homme soit mauvais. Comme si se désoler d’une évidence pouvait y changer quoi que ce soit. Par contre on peut tout à fait se désoler de ce qu’il ne le soit (…)

Tout-à-fait inutile
(28 février 2026)

Penser n’a pas à être justifié de quelque manière que ce soit. Et surtout pas par l’utilité que ça pourrait avoir pour qui que ce soit, y compris pour qui pense. — Par BLOOM