Laissez venir à moi les petits enfants

samedi 22 octobre 2022

Aux dernières nouvelles il serait devenu impératif d’écouter l’enfant qui subsisterait en tout adulte, de lui faire toute la place qui lui revient, d’arrêter de le censurer et de le brimer. Et tout ce qui va mal dans le monde trouverait ainsi sa solution. L’enfant devient ainsi notre ultime fascination, le modèle indépassable auquel nous conformer, alors même que pendant des siècles il n’a eu que la figure de l’impuissance. Et c’est peut-être de nous en être rendu compte qui nous l’a enfin rendu si désirable. D’abord bien entendu pour l’exercice global des pouvoirs, parce qu’il assigne chacun à la soumission de l’infans, voire à l’impuissance radicale du puer. Pour chacun ensuite, parce qu’il y trouve une justification à son irresponsabilité, à son inconséquence, à ses caprices et à son ressentiment. Qu’il maquille sous le terme d’innocence, moralement valorisé et ouvrant largement la voie au victimisme.
— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Douce violence
(2 mai 2026)

Nous sommes devenus à ce point impuissants qu’il nous faut désormais justifier tout usage de la violence par une cause morale. En oubliant que toute morale est déjà la formalisation, au moins (…)

Comment beaucoup de mensonges font une vérité
(29 avril 2026)

Notre survie effective, en tant qu’espèce, dans le monde, dépend intégralement du mensonge. Mensonge quant aux contenus de celui-ci et à ses fonctionnements au regard des survenirs singuliers du (…)

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs
(25 avril 2026)

On dit avec raison que la peur est mauvaise conseillère. Parce que c’est un sentiment désagréable, inconfortable, dont on cherche à se débarrasser au plus vite, et par conséquent par des moyens le (…)

Le bâton sans la carotte
(22 avril 2026)

Le remords est le bâton qu’on se donne à soi-même lorsqu’on a suffisamment intégré les règles qu’impose la morale commune, et qu’on se sent obligé de suivre. C’est la voix du maître qui parle en (…)