Ce qui motive nos excès

samedi 6 mai 2023

Notre problème principal tient à ce que nous voulons disposer d’un sens déterminé, à tout moment et pour tout ce qui survient dans le monde. Et si possible qui nous convienne, c’est-à-dire à la fois qui corresponde à nos croyances et qui nous soit favorable. Quitte à le forcer à se manifester par la brutalité et la bassesse. Rien ne nous insupporte plus que le hasard, qui nous rend nous-mêmes hasardeux, tant quant à ce que nous croyons être qu’à ce que nous prétendons décider. Et nous sommes prêts à tous les excès pour tenter de nous en délivrer. C’est même sans doute la seule motivation nous poussant à en faire, tant nous sommes à la fois veules et paresseux.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Principe de précaution
(19 septembre 2026)

On ne peut avoir d’indulgence pour autrui que si on a instauré avec lui une distance suffisante pour nous garantir de ne pas devoir en supporter les conséquences. — Par BLOOM

Trop tard !
(16 septembre 2026)

Une interprétation possible de la dépression post partum : que le corps se rende compte, de façon inconsciente, de l’erreur qu’il a commise en faisant croître l’espèce. — Par BLOOM

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM

Faut-il réagir ?
(9 septembre 2026)

Au fond de toute réaction il y a du ressentiment : on en veut de sa simple existence à ce à quoi on réagit. On ne peut pas le surmonter par sa propre affirmation, alors on s’y oppose. — Par BLOOM