Individualisme

samedi 16 octobre 2021

Notre individualisme forcené n’est guère que le symptôme de la disparition de toute individuation singulière, la commémoration compulsive et parodique de celle-ci. C’est la raison pour laquelle la réalité lui laisse libre cours et en use comme d’un défouloir collectif, puisqu’elle a déjà travaillé en amont de celui-ci à nous rendre tous fonctionnellement interchangeables. Elle peut bien dans ces conditions nous passer ce petit caprice, d’autant plus qu’il concourt à renforcer in fine notre fonctionnalisation globale sous couvert de particularisme.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Pas de confusion !
(4 avril 2026)

Ce qui distingue radicalement le doute du soupçon est que le premier questionne la vérité, quelque figure qu’elle adopte, alors que le second questionne au nom de celle-ci. Le premier est (…)

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM