Mémoire contre souvenir

samedi 27 mai 2023

La mémoire technologique, en particulier informatique, efface le temps qui s’écoule entre son enregistrement et sa restitution, fait revenir strictement à l’identique le passé dans le présent, conformément au temps chronologique qui la règle et qui fait équivaloir chacun de ses instants avec tous les autres – un temps sans qualité. La mémoire humaine au contraire fait revenir dans le présent un passé toujours modifié, par l’oubli plus ou moins étendu qui l’affecte tout autant que par les nécessités propres à ce présent, un passé qui quelquefois, du fait de ces dernières, relève de la paramnésie. C’est le temps du souvenir, plus ou moins singulier et qualitatif, qui n’est ni le passé dont il se souvient ni le présent dans lequel on se souvient, mais un mélange variable et singulièrement compliqué des deux. Qui fait que la mémoire ne peut jamais se substituer au souvenir, en dépit des efforts de la technologie pour remplacer celui-ci par celle-là.
— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

La bonne raison
(4 mars 2026)

Beaucoup se désolent de ce que l’homme soit mauvais. Comme si se désoler d’une évidence pouvait y changer quoi que ce soit. Par contre on peut tout à fait se désoler de ce qu’il ne le soit (…)

Tout-à-fait inutile
(28 février 2026)

Penser n’a pas à être justifié de quelque manière que ce soit. Et surtout pas par l’utilité que ça pourrait avoir pour qui que ce soit, y compris pour qui pense. — Par BLOOM

Le sens du combat
(25 février 2026)

On ne combat jamais que des nécessités arbitraires et circonstanciées, pour les remplacer par d’autres de même facture mais qui nous semblent nous convenir mieux. — - Par BLOOM

De la nouvelle sorte de désert
(21 février 2026)

Avant on parlait dans le désert lorsque son discours se perdait dans le vide environnant des auditeurs potentiels. Aujourd’hui on parle dans le bruit toujours plus envahissant produit par leurs (…)