Prendre du recul

lundi 3 janvier 2022

Nous autres citoyens de pays démocratiques ne considérons jamais notre culture commune comme une contrainte qui nous serait imposée mais plutôt comme une opportunité offerte à chacun de se développer individuellement. Ce qui est oublier un peu vite que ça n’a pas toujours été le cas et que ça ne l’est toujours pas partout aujourd’hui, de nombreux pays imposant, par la force si nécessaire, leur culture commune à ceux qui y vivent. Oublier aussi que la nôtre nous est strictement imposée par notre système éducatif obligatoire qui nous conforme explicitement à ses règles fonctionnelles. Et que ce n’est qu’à ce prix qu’elle peut se permettre ensuite d’être moins directement contraignante, parce que l’éducation a intériorisé en nous ces règles et parce qu’elle dispose des moyens technologiques de se diffuser largement et finement afin de continuer à nous conformer de façon implicite. Il revient ensuite à chacun de jouer avec les marges, jamais si importantes qu’on le croit, que laisse cet implicite pour se construire une culture propre, un peu singulière, qui le soustraye en partie aux impositions de la culture commune. Ce qui n’est guère possible qu’en démocratie.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Les désillusions du tourisme
(14 mars 2026)

Où que vous alliez dans le monde, la médiocrité humaine est la même, seul son costume change. — Par BLOOM

Qu’a-t-on fait du mode d’emploi ?
(11 mars 2026)

Le problème de l’illusion n’est pas qu’elle soit illusionnante – ça ne l’empêche pas d’avoir des effets éventuellement bénéfiques – mais de la prendre pour une vérité et non comme un simple moyen. (…)

Indigne !
(7 mars 2026)

Éprouver de l’indignation est la preuve de l’impuissance où on se trouve d’agir sur ce qui la provoque pour le modifier à notre convenance. La manifester y rajoute la présomption vulgaire de (…)

La bonne raison
(4 mars 2026)

Beaucoup se désolent de ce que l’homme soit mauvais. Comme si se désoler d’une évidence pouvait y changer quoi que ce soit. Par contre on peut tout à fait se désoler de ce qu’il ne le soit (…)