Question de survie

mercredi 7 février 2024

Que peut réellement la raison, avec ce qu’elle comporte nécessairement de doute et de nuance, face au terrorisme de l’émotion ressentimiste qui la condamne d’emblée à la disparition par tous les moyens de destruction dont il dispose, aussi bien symboliques que matériels ? Rien sans doute, ou si peu à la marge, parce que ce qu’elle dit et montre n’est en général pas de nature à satisfaire, ni à bon compte, ni assez vite, les rancœurs que suscite le monde comme il va, trop différent du monde que l’on veut, et que de surcroît pour y parvenir elle demande de déployer des efforts dans la durée. Alors il ne lui reste quelquefois, pour ne pas tout à fait disparaître, que la violence à opposer à la violence du fanatisme de l’émotion.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Mouton enragé
(1er juillet 2026)

Le ressentiment est de nature fondamentalement grégaire parce qu’il se renforce systématiquement du fait de la justification qu’il trouve d’être partagé par la foule. — Par BLOOM

Le ventre de la bête
(27 juin 2026)

Rien n’autorise plus largement les excès de l’exercice global des pouvoirs que le ressentiment qu’il provoque et entretient auprès du plus grand nombre à l’encontre de certains individus ou (…)

Cousinage
(24 juin 2026)

L’indignation bruyante, publique, outrancièrement moralisatrice, n’est que le moyen de masquer l’indignité qui, pour conserver son confort, se refuse à agir directement contre ce qu’elle dénonce. (…)

Extinction des feux
(20 juin 2026)

Toute bougie qui est sur sa fin, qui va s’éteindre, charbonne inévitablement, voit sa mèche s’engluer dans sa cire. Il est plus digne et plus opportun de la moucher avant. — Par BLOOM