Question de survie

mercredi 7 février 2024

Que peut réellement la raison, avec ce qu’elle comporte nécessairement de doute et de nuance, face au terrorisme de l’émotion ressentimiste qui la condamne d’emblée à la disparition par tous les moyens de destruction dont il dispose, aussi bien symboliques que matériels ? Rien sans doute, ou si peu à la marge, parce que ce qu’elle dit et montre n’est en général pas de nature à satisfaire, ni à bon compte, ni assez vite, les rancœurs que suscite le monde comme il va, trop différent du monde que l’on veut, et que de surcroît pour y parvenir elle demande de déployer des efforts dans la durée. Alors il ne lui reste quelquefois, pour ne pas tout à fait disparaître, que la violence à opposer à la violence du fanatisme de l’émotion.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Même pas méchant !
(23 septembre 2026)

L’homme globalement n’est pas méchant. Non pas que l’envie lui en manque, mais il ne dispose pas de suffisamment de puissance pour l’être. Il n’est donc que mauvais, c’est-à-dire qu’il prend un (…)

Principe de précaution
(19 septembre 2026)

On ne peut avoir d’indulgence pour autrui que si on a instauré avec lui une distance suffisante pour nous garantir de ne pas devoir en supporter les conséquences. — Par BLOOM

Trop tard !
(16 septembre 2026)

Une interprétation possible de la dépression post partum : que le corps se rende compte, de façon inconsciente, de l’erreur qu’il a commise en faisant croître l’espèce. — Par BLOOM

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM