Rapports au temps

mercredi 7 décembre 2022

Le rapport que nous entretenons culturellement avec la temporalité a profondément changé. Nous nous écartons de plus en plus de chronos parce que nous ne voulons plus de la déchéance et de la mort qu’il implique. Nous réclamons à cors et à cris les bénéfices liés aux opportunités de kairos mais sans vouloir faire les efforts qu’ils requièrent pour les saisir lorsqu’il passe à notre portée. Quant à aion nous ne voulons même plus en entendre parler parce qu’il nous impose une singularité qui contrevient trop fortement à notre paresse fonctionnaliste. Symptômes convergents de notre infantilisation galopante.
— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Le "bon" ton
(28 octobre 2026)

La pratique du monde nous apprend, à notre grand dépit, que rien n’y est jamais ni tout blanc ni tout noir et qu’on y trouve généralement une très large palette de gris. Il reste alors à savoir (…)

Il y en aura pour tout le monde
(24 octobre 2026)

Les arrière-mondes croissent et s’étendent à proportion du ressentiment que nous accumulons contre le monde, comme une forme de vengeance mesquine à son encontre. Autant dire que notre époque leur (…)

Une simple histoire d’effets
(21 octobre 2026)

Le fait pour une opinion de produire des effets ne prouve rien quant à sa prétendue vérité, mais seulement sa capacité à produire des effets. Tout au plus peut-on y voir une indication de son (…)

Radiographie du selfie
(17 octobre 2026)

Le selfie est l’emblème et l’opérateur d’une double dévalorisation qu’il s’efforce vainement de conjurer par la visibilité virale que lui offrent les réseaux sociaux. Dévalorisation d’abord du soi (…)