Rapports au temps

mercredi 7 décembre 2022

Le rapport que nous entretenons culturellement avec la temporalité a profondément changé. Nous nous écartons de plus en plus de chronos parce que nous ne voulons plus de la déchéance et de la mort qu’il implique. Nous réclamons à cors et à cris les bénéfices liés aux opportunités de kairos mais sans vouloir faire les efforts qu’ils requièrent pour les saisir lorsqu’il passe à notre portée. Quant à aion nous ne voulons même plus en entendre parler parce qu’il nous impose une singularité qui contrevient trop fortement à notre paresse fonctionnaliste. Symptômes convergents de notre infantilisation galopante.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Pas de confusion !
(4 avril 2026)

Ce qui distingue radicalement le doute du soupçon est que le premier questionne la vérité, quelque figure qu’elle adopte, alors que le second questionne au nom de celle-ci. Le premier est (…)

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM