Rétroaction

samedi 4 septembre 2021

Le plus souvent, parce que c’est plus simple, plus facile, nous n’avons qu’une conception « rétroactive » de la causalité, c’est-à-dire que pour chaque effet survenant dans le monde nous supposons une seule cause, ou au mieux une quantité limitée de causes, que nous considérons comme ayant toutes a priori cet effet pour but. Déterminisme absolu de cette causalité, promesse d’une maîtrise possible du monde. Alors que tout effet, à de rares exceptions près, est produit par une quantité indéfinie de causes qui se rencontrent aléatoirement et se combinent, avec des influences différentes, sans but prédéterminé. Causalité singulière et radicalement aléatoire, réelle mais qui de ce fait ne nous convient guère parce qu’elle nous prive de toute possibilité de souveraineté subjective et nous demande des efforts sans cesse recommencés pour tenter de l’élucider un peu tout en sachant d’avance ne pas pouvoir y réussir complètement.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Comment beaucoup de mensonges font une vérité
(29 avril 2026)

Notre survie effective, en tant qu’espèce, dans le monde, dépend intégralement du mensonge. Mensonge quant aux contenus de celui-ci et à ses fonctionnements au regard des survenirs singuliers du (…)

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs
(25 avril 2026)

On dit avec raison que la peur est mauvaise conseillère. Parce que c’est un sentiment désagréable, inconfortable, dont on cherche à se débarrasser au plus vite, et par conséquent par des moyens le (…)

Le bâton sans la carotte
(22 avril 2026)

Le remords est le bâton qu’on se donne à soi-même lorsqu’on a suffisamment intégré les règles qu’impose la morale commune, et qu’on se sent obligé de suivre. C’est la voix du maître qui parle en (…)

Encore un espoir déçu !
(18 avril 2026)

On pourrait être tenté de voir une profonde sagesse dans le fait que l’espèce humaine mette en place systématiquement les conditions de sa disparition, et ce en dépit des nombreuses alertes (…)