Rétroaction

samedi 4 septembre 2021

Le plus souvent, parce que c’est plus simple, plus facile, nous n’avons qu’une conception « rétroactive » de la causalité, c’est-à-dire que pour chaque effet survenant dans le monde nous supposons une seule cause, ou au mieux une quantité limitée de causes, que nous considérons comme ayant toutes a priori cet effet pour but. Déterminisme absolu de cette causalité, promesse d’une maîtrise possible du monde. Alors que tout effet, à de rares exceptions près, est produit par une quantité indéfinie de causes qui se rencontrent aléatoirement et se combinent, avec des influences différentes, sans but prédéterminé. Causalité singulière et radicalement aléatoire, réelle mais qui de ce fait ne nous convient guère parce qu’elle nous prive de toute possibilité de souveraineté subjective et nous demande des efforts sans cesse recommencés pour tenter de l’élucider un peu tout en sachant d’avance ne pas pouvoir y réussir complètement.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Le fond de la communication
(3 décembre 2025)

Notre bavardage continuel et pléthorique ne se justifie pas par la volonté ou la nécessité de transmettre à autrui des informations. Ce n’est qu’un prétexte. Sa fonction régulière n’est pas (…)

On ne peut qu’y croire
(29 novembre 2025)

Nous sommes à ce point attachés à l’hypothèse de la présence effective du sens – c’est elle seule qui fait monde – que lorsqu’il nous semble en déceler un dans le monde nous lui accordons (…)

Morale guerrière
(26 novembre 2025)

On ne fait la guerre ni pour des raisons morales ni en respectant de quelconques règles se rapportant à une quelconque morale, mais pour des questions de rapports de forces, à conserver ou à (…)

Une question de propreté
(22 novembre 2025)

Bien souvent le manque de qualité, voire l’indignité des personnes avec lesquelles vous seriez amené à combattre pour une cause vous dégoûte de celle-ci, parce qu’ils suffisent à la salir. — (…)