Rien

mercredi 26 octobre 2022

La chose n’est pas l’objet. Celui-ci est posé en même temps que le sujet au sein de la réalité par le discours qui instaure cette dernière, qui les détermine par son lexique et assigne leur relation duelle par sa syntaxe. La chose – rem en latin qui a donné rien en français - est ce qui échappe radicalement à toute discursivité parce que toujours antérieure à cette dernière. Rien parce qu’au bout du compte nous ne pouvons rien en dire, rien en faire. C’est ce qu’il nous est donné d’à peine percevoir des survenirs singuliers du réel à la surface desquels le langage tisse par la parole le voile rassurant d’une réalité à la mesure, réduite, de nos capacités. Tissu réglé, tramé, resserré de discours dans lequel continue à chatoyer un peu le chaos du réel. La chose est l’empreinte du réel qui affecte encore ce tissu, le présupposé donc de tout objet, de l’objectité, donc aussi bien de tout sujet, de la subjectité. Ce que nous pouvons à peine dire mais qui se manifeste dans tout ce que nous disons.
— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Encore un espoir déçu !
(18 avril 2026)

On pourrait être tenté de voir une profonde sagesse dans le fait que l’espèce humaine mette en place systématiquement les conditions de sa disparition, et ce en dépit des nombreuses alertes (…)

Examen préalable de moralité
(15 avril 2026)

Au sujet de toute quantification d’ordre moral il faut se demander qui l’établit, sur quels critères, afin de savoir exactement à quoi elle sert dans l’organisation globale de l’exercice des (…)

Fraternité
(11 avril 2026)

Ce qui rend tous les hommes indiscutablement frères est leur médiocrité. L’ennui est qu’elle les rend aussi à ce point vindicatifs que leur potentielle fraternité s’y dissout. — Par BLOOM

Leçon de modestie
(8 avril 2026)

En dépit de nos prétentions, de notre science et de nos technologies, nous ne savons effectivement que très peu de choses. Et ce peu devrait nous inciter à prendre la mesure de l’étendue de notre (…)