Rien

mercredi 26 octobre 2022

La chose n’est pas l’objet. Celui-ci est posé en même temps que le sujet au sein de la réalité par le discours qui instaure cette dernière, qui les détermine par son lexique et assigne leur relation duelle par sa syntaxe. La chose – rem en latin qui a donné rien en français - est ce qui échappe radicalement à toute discursivité parce que toujours antérieure à cette dernière. Rien parce qu’au bout du compte nous ne pouvons rien en dire, rien en faire. C’est ce qu’il nous est donné d’à peine percevoir des survenirs singuliers du réel à la surface desquels le langage tisse par la parole le voile rassurant d’une réalité à la mesure, réduite, de nos capacités. Tissu réglé, tramé, resserré de discours dans lequel continue à chatoyer un peu le chaos du réel. La chose est l’empreinte du réel qui affecte encore ce tissu, le présupposé donc de tout objet, de l’objectité, donc aussi bien de tout sujet, de la subjectité. Ce que nous pouvons à peine dire mais qui se manifeste dans tout ce que nous disons.
— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Pas de confusion !
(4 avril 2026)

Ce qui distingue radicalement le doute du soupçon est que le premier questionne la vérité, quelque figure qu’elle adopte, alors que le second questionne au nom de celle-ci. Le premier est (…)

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM