Un poison nommé Désirs

vendredi 19 janvier 2024

Poisons pour le vivre-ensemble que ce surdosage permanent de jugements, de comparaisons, d’indignations, d’impudentes émotions, lesquelles s’exhibent dans toutes les sphères de nos vies : privées, publiques, professionnelles - et jusque dans l’intimité de nos corps et de notre pensée.

Et ces poisons, ces drogues, se distillent insidieusement via nos communications viciées,
Outrageuses,
Démesurées,
Bavardes, et qui n’existent en fin de compte que pour le bruit qu’elles laissent derrière elles. Paroles qui deviennent l’unique essence de notre participation au monde, lequel voit son territoire se réduire à peau de chagrin, tandis que les toxines de cette faconde stérile nous abandonnent à nous-mêmes, malades :
Désorienté.e.s,
Frustré.e.s,
Envieux-se.s,
Prisonnier-ère.s de notre quête insatiable de considération et de revanches ;
Inconsolables de notre dépendance aux désirs fallacieusement mués en besoins.

— 
Par Marx Teirriet

Les brèves dans Tribune

Leçon de modestie
(8 avril 2026)

En dépit de nos prétentions, de notre science et de nos technologies, nous ne savons effectivement que très peu de choses. Et ce peu devrait nous inciter à prendre la mesure de l’étendue de notre (…)

Pas de confusion !
(4 avril 2026)

Ce qui distingue radicalement le doute du soupçon est que le premier questionne la vérité, quelque figure qu’elle adopte, alors que le second questionne au nom de celle-ci. Le premier est (…)

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)