Un poison nommé Désirs

vendredi 19 janvier 2024

Poisons pour le vivre-ensemble que ce surdosage permanent de jugements, de comparaisons, d’indignations, d’impudentes émotions, lesquelles s’exhibent dans toutes les sphères de nos vies : privées, publiques, professionnelles - et jusque dans l’intimité de nos corps et de notre pensée.

Et ces poisons, ces drogues, se distillent insidieusement via nos communications viciées,
Outrageuses,
Démesurées,
Bavardes, et qui n’existent en fin de compte que pour le bruit qu’elles laissent derrière elles. Paroles qui deviennent l’unique essence de notre participation au monde, lequel voit son territoire se réduire à peau de chagrin, tandis que les toxines de cette faconde stérile nous abandonnent à nous-mêmes, malades :
Désorienté.e.s,
Frustré.e.s,
Envieux-se.s,
Prisonnier-ère.s de notre quête insatiable de considération et de revanches ;
Inconsolables de notre dépendance aux désirs fallacieusement mués en besoins.

— 
Par Marx Teirriet

Les brèves dans Tribune

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM

Sénilité
(25 mars 2026)

Faire tourner l’adversité à notre profit, comme moyen d’exercer notre puissance singulière, nous l’avons désappris, nous vieux européens. Parce que nous ne sommes même plus capables d’entendre (…)