Binarisations

samedi 28 août 2021

Notre monde est pris dans une double entreprise de binarisation, matérielle et culturelle. La première du fait de la numérisation de la quasi-totalité des flux d’information qui est opérée sur une base binaire, le bit. La seconde du fait de la moralisation systématique de tous les objets culturels, matériels et symboliques, qui réduit peu à peu leur valorisation aux seuls prédicats de bien et mal, éliminant toute nuance dans les appréciations et jugements qu’on peut former les concernant. Ce qui conduit à une communautarisation de la culture qui ne fonctionne plus que par oppositions tranchées et face-à-face multiples. Ces deux processus de binarisation se font écho et renvoient désormais en miroir l’un à l’autre, la binarisation matérielle, du fait de l’immédiateté et la généralisation des échanges qu’elle permet, favorisant le développement accéléré de la binarisation culturelle et celle-ci exigeant l’extension du développement de la première pour propager le plus efficacement possible ses opinions. Comme un processus auto-entretenu de viralités jumelles et réciproques.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM

Faut-il réagir ?
(9 septembre 2026)

Au fond de toute réaction il y a du ressentiment : on en veut de sa simple existence à ce à quoi on réagit. On ne peut pas le surmonter par sa propre affirmation, alors on s’y oppose. — Par BLOOM

Jardin d’enfants
(5 septembre 2026)

Un des symptômes les plus visibles de notre infantilisation galopante consiste à réclamer haut et fort notre droit à l’autonomie lorsque celle-ci ne nous coûte aucun effort, mais à exiger l’aide (…)

A l’étroit
(2 septembre 2026)

Nous ne percevons que ce que nous permet notre perception et selon les modalités qu’elle nous impose. D’où on doit conclure à la relative exiguïté de notre monde. — Par BLOOM