Binarisations

samedi 28 août 2021

Notre monde est pris dans une double entreprise de binarisation, matérielle et culturelle. La première du fait de la numérisation de la quasi-totalité des flux d’information qui est opérée sur une base binaire, le bit. La seconde du fait de la moralisation systématique de tous les objets culturels, matériels et symboliques, qui réduit peu à peu leur valorisation aux seuls prédicats de bien et mal, éliminant toute nuance dans les appréciations et jugements qu’on peut former les concernant. Ce qui conduit à une communautarisation de la culture qui ne fonctionne plus que par oppositions tranchées et face-à-face multiples. Ces deux processus de binarisation se font écho et renvoient désormais en miroir l’un à l’autre, la binarisation matérielle, du fait de l’immédiateté et la généralisation des échanges qu’elle permet, favorisant le développement accéléré de la binarisation culturelle et celle-ci exigeant l’extension du développement de la première pour propager le plus efficacement possible ses opinions. Comme un processus auto-entretenu de viralités jumelles et réciproques.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

De l’autre côté
(5 novembre 2025)

Il arrive un moment où tout ce qui fait effectivement œuvre dans le monde ne parvient plus à faire barrage au déferlement de la médiocrité et de l’ignominie de l’espèce, décuplée par les (…)

Pierre de touche
(1er novembre 2025)

Il faut savoir s’affronter à ce qui disconvient, pour le surmonter et aussi bien éprouver la pertinence de ce qui convient. Ce qui ne veut en aucun cas dire qu’il faut s’y prêter et l’accepter. (…)

Pathologie fatale
(29 octobre 2025)

Certains prétendent guérir l’espèce humaine de ses errements désastreux. Mais la malade est incurable, d’autant qu’elle dispose désormais des moyens technologiques de propager instantanément et (…)

Compréhension ?
(25 octobre 2025)

Nous pouvons assez bien comprendre le monde puisque nous l’instaurons, avec ses structures, ses formalismes et ses fonctionnements, spécifiquement dans ce but. Mais nous ne comprenons jamais le (…)