Cruelle exigence

mercredi 9 août 2023

Laisser des traces de ce qu’on fait, qu’elles soient ou non voulues, c’est encore escompter être vu, même si c’est de manière partielle et peut-être totalement inappropriée, par un autrui quelconque. C’est encore aspirer, consciemment ou pas – et peu importe en l’occurrence, à se mettre en scène, à se donner en spectacle. La singularité, le peu que nous en manifestons, exigerait, pour être à sa hauteur, que nous détruisons sans délai le peu que nous créons. Pour le reste, qui relève des automatismes culturels du troupeau, son insignifiance le réduit automatiquement à la poussière de l’indifférencié.
— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Trop tard
(27 décembre 2025)

L’obtention, la conservation et l’extension de ce que nous considérons être notre confort, matériel et intellectuel, est ce qui nous conduit le plus sûrement aux pires renoncements. Dont nous ne (…)

Le caillou dans la chaussure de la signifiance
(24 décembre 2025)

Le problème du langage, et donc de toute langue, n’est pas le signifiant – il en a pléthore, quitte à l’inventer lorsque nécessaire. Mais de lui faire correspondre de façon suffisamment efficace (…)

Dépérissement
(20 décembre 2025)

Toute langue n’a d’autre référence, en dépit de sa prétention à dire la vérité du réel, que son propre système de fonctionnement. Lorsqu’elle dit cette supposée vérité, elle ne fait que doubler, (…)

Mauvaise pente
(17 décembre 2025)

Nous ne sommes si prompts à asservir, à nous asservir et à nous laisser asservir que parce que nous sommes une espèce grégaire. Et que cette grégarité requiert nécessairement une servitude (…)