Cruelle exigence

mercredi 9 août 2023

Laisser des traces de ce qu’on fait, qu’elles soient ou non voulues, c’est encore escompter être vu, même si c’est de manière partielle et peut-être totalement inappropriée, par un autrui quelconque. C’est encore aspirer, consciemment ou pas – et peu importe en l’occurrence, à se mettre en scène, à se donner en spectacle. La singularité, le peu que nous en manifestons, exigerait, pour être à sa hauteur, que nous détruisons sans délai le peu que nous créons. Pour le reste, qui relève des automatismes culturels du troupeau, son insignifiance le réduit automatiquement à la poussière de l’indifférencié.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Même pas méchant !
(23 septembre 2026)

L’homme globalement n’est pas méchant. Non pas que l’envie lui en manque, mais il ne dispose pas de suffisamment de puissance pour l’être. Il n’est donc que mauvais, c’est-à-dire qu’il prend un (…)

Principe de précaution
(19 septembre 2026)

On ne peut avoir d’indulgence pour autrui que si on a instauré avec lui une distance suffisante pour nous garantir de ne pas devoir en supporter les conséquences. — Par BLOOM

Trop tard !
(16 septembre 2026)

Une interprétation possible de la dépression post partum : que le corps se rende compte, de façon inconsciente, de l’erreur qu’il a commise en faisant croître l’espèce. — Par BLOOM

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM