Hubris

samedi 5 août 2023

Ce qui fait la plus grande part des contenus de notre monde, part qui ne cesse de s’étendre, est de moins en moins aux dimensions de notre perception, donc de notre intellection. Villes, moyens technologiques, distances, outils de production et de destruction. Nous en avons de plus en plus d’usages, mais nous ne sommes plus capables d’en évaluer ni les effets exacts ni les conséquences réelles. Ces usages mêmes sont calculés pour nous donner l’illusion de la maîtrise, mais de fait ils excédent nos moyens d’appréhension et de compréhension et nous soumettent insidieusement à leurs procéduralité fonctionnaliste. Notre désir de démesure nous condamne désormais à être les serviteurs des prothèses qu’il a engendrées pour tenter de se satisfaire et qui désormais le manipulent.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Tous les chemins mènent à Rome
(8 juillet 2026)

La compassion morale n’est pas moins égoïste que la froide indifférence. Ce ne sont que deux façons différentes de satisfaire ce que l’égoïsme réclame nécessairement de chacun de nous. — Par BLOOM

Sur le fléau de la balance
(4 juillet 2026)

Ce qui plaide le plus sûrement contre la vie humaine est sa médiocrité globale et le dégoût qu’elle peut inspirer. Ce qui néanmoins plaide le plus en sa faveur est que même lorsqu’on en a (…)

Mouton enragé
(1er juillet 2026)

Le ressentiment est de nature fondamentalement grégaire parce qu’il se renforce systématiquement du fait de la justification qu’il trouve d’être partagé par la foule. — Par BLOOM

Le ventre de la bête
(27 juin 2026)

Rien n’autorise plus largement les excès de l’exercice global des pouvoirs que le ressentiment qu’il provoque et entretient auprès du plus grand nombre à l’encontre de certains individus ou (…)