Egoïsme

mercredi 20 juillet 2022

En toute circonstance nous ne faisons jamais que ce que nous considérons – sans même y réfléchir même si nous le justifions a posteriori par tout un tas de raisons – nous convenir au mieux en fonction des opportunités que nous y percevons. Et comme dans la grande majorité des cas c’est ce qui est valorisé a priori par la culture commune qui nous conforme en masse, donc ce qui est aussi souhaité par le plus grand nombre, cela suscite envie et ressentiment et se retrouve condamné sous l’imputation d’égoïsme. Mais cette condamnation est encore plus virulente et rancunière s’il advient que ce que nous pensons nous convenir le mieux est singulier et déroge alors aux intérêts grégairement reconnus du sujet réaliste. Parce que cela indique une déprise radicale de la subjectité au profit de l’individuation singulière, ce qui est encore plus inadmissible par le plus grand nombre parce que s’y dévoile l’illusion de la première, ce qui le prive de sa croyance la plus nécessaire.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Au large
(22 août 2026)

Toute distance que l’on prend est une indépendance qu’on se donne vis-à-vis de ce qu’on met à distance. Et toute indépendance supplémentaire est un pas de plus vers la singularité. — Par BLOOM

Cache-misère
(19 août 2026)

L’objectivité, paravent derrière lequel se cache l’impuissance à clairement affirmer ce qui convient, ou tout au moins convient le mieux. — Par BLOOM

Substitution
(15 août 2026)

Comment nous avons changé la valeur de la vertu : en en faisant une affaire de conformité grégaire alors qu’elle était respect de la stricte convenance individuelle. — Par BLOOM

Une pente fatale
(12 août 2026)

L’impuissance est par nature inconséquente et ressentimiste puisqu’elle accuse systématiquement un autrui quelconque des effets de ses faiblesses et de ses incapacités, ce qui ne peut au final que (…)