Egoïsme

mercredi 20 juillet 2022

En toute circonstance nous ne faisons jamais que ce que nous considérons – sans même y réfléchir même si nous le justifions a posteriori par tout un tas de raisons – nous convenir au mieux en fonction des opportunités que nous y percevons. Et comme dans la grande majorité des cas c’est ce qui est valorisé a priori par la culture commune qui nous conforme en masse, donc ce qui est aussi souhaité par le plus grand nombre, cela suscite envie et ressentiment et se retrouve condamné sous l’imputation d’égoïsme. Mais cette condamnation est encore plus virulente et rancunière s’il advient que ce que nous pensons nous convenir le mieux est singulier et déroge alors aux intérêts grégairement reconnus du sujet réaliste. Parce que cela indique une déprise radicale de la subjectité au profit de l’individuation singulière, ce qui est encore plus inadmissible par le plus grand nombre parce que s’y dévoile l’illusion de la première, ce qui le prive de sa croyance la plus nécessaire.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

La loi du discours
(7 février 2026)

La discursivité et la loi ont fondamentalement un rapport très étroit. De manière évidente pour la seconde puisqu’elle n’existe et ne peut avoir d’effets que par les discours qui l’énoncent et la (…)

Résurgences
(4 février 2026)

La violence matérielle, en dépit de ce que prétendent les discours populistes qui cherchent à capitaliser du ressentiment pour en faire un marchepied à leurs désirs d’exercice des pouvoirs, est en (…)

Infection nosocomiale
(31 janvier 2026)

Rajouter la compassion à la blessure n’en diminue pas les effets désagréables, mais conduit au contraire à les augmenter en l’infectant durablement par la condescendance qui s’y manifeste. — - (…)

Petit bras
(28 janvier 2026)

Rien ne montre mieux l’extrême limitation de notre intellect que les difficultés qu’il éprouve à aller à l’encontre de la moindre de nos sensations. — - Par BLOOM