Il y a comme un doute

samedi 11 mars 2023

L’utopie est infréquentable parce qu’elle porte toujours en elle, de façon plus ou moins explicite, la certitude des lendemains qui chantent, du progrès assuré et de la vérité à laquelle il ne peut que conduire. Ce qui n’implique pas pour autant qu’il faille se satisfaire systématiquement du statu quo et y adhérer comme à une autre vérité tout aussi immuable. Mais que tout ce qu’on entreprend pour s’en écarter ou le modifier doit être empreint d’un doute constant, celui même qui vise le statu quo et pousse à s’en éloigner. Parce que lui seul manifeste la contingence et l’incertitude de nos entreprises et est susceptible de nous y faire renoncer lorsqu’elles deviennent trop évidemment désastreuses.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Qu’a-t-on fait du mode d’emploi ?
(11 mars 2026)

Le problème de l’illusion n’est pas qu’elle soit illusionnante – ça ne l’empêche pas d’avoir des effets éventuellement bénéfiques – mais de la prendre pour une vérité et non comme un simple moyen. (…)

Indigne !
(7 mars 2026)

Éprouver de l’indignation est la preuve de l’impuissance où on se trouve d’agir sur ce qui la provoque pour le modifier à notre convenance. La manifester y rajoute la présomption vulgaire de (…)

La bonne raison
(4 mars 2026)

Beaucoup se désolent de ce que l’homme soit mauvais. Comme si se désoler d’une évidence pouvait y changer quoi que ce soit. Par contre on peut tout à fait se désoler de ce qu’il ne le soit (…)

Tout-à-fait inutile
(28 février 2026)

Penser n’a pas à être justifié de quelque manière que ce soit. Et surtout pas par l’utilité que ça pourrait avoir pour qui que ce soit, y compris pour qui pense. — Par BLOOM