Les mirages de la gratuité

samedi 1er juillet 2023

Le geste gratuit, qu’il ait des effets bénéfiques et plus encore s’ils sont dévastateurs parce qu’il entraîne alors une réprobation générale qui en augmente un peu plus la pureté, nous fascine parce qu’il se donne pour l’expression achevée du libre-arbitre absolu, du détachement au regard de tout intérêt et de tout motif. Mais ce que nous croyons être alors gratuit n’est que ce dont nous sommes incapables de percevoir les inévitables contraintes et donc les motivations cachées. Ce que nous appelons gratuité n’est que notre myopie vis-à-vis des contraintes de divers ordres qui conditionnent incontournablement les comportements de chacun. Un pur fantasme qui aimante notre désir à la mesure de son impossibilité.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Mouton enragé
(1er juillet 2026)

Le ressentiment est de nature fondamentalement grégaire parce qu’il se renforce systématiquement du fait de la justification qu’il trouve d’être partagé par la foule. — Par BLOOM

Le ventre de la bête
(27 juin 2026)

Rien n’autorise plus largement les excès de l’exercice global des pouvoirs que le ressentiment qu’il provoque et entretient auprès du plus grand nombre à l’encontre de certains individus ou (…)

Cousinage
(24 juin 2026)

L’indignation bruyante, publique, outrancièrement moralisatrice, n’est que le moyen de masquer l’indignité qui, pour conserver son confort, se refuse à agir directement contre ce qu’elle dénonce. (…)

Extinction des feux
(20 juin 2026)

Toute bougie qui est sur sa fin, qui va s’éteindre, charbonne inévitablement, voit sa mèche s’engluer dans sa cire. Il est plus digne et plus opportun de la moucher avant. — Par BLOOM