Les mirages de la gratuité

samedi 1er juillet 2023

Le geste gratuit, qu’il ait des effets bénéfiques et plus encore s’ils sont dévastateurs parce qu’il entraîne alors une réprobation générale qui en augmente un peu plus la pureté, nous fascine parce qu’il se donne pour l’expression achevée du libre-arbitre absolu, du détachement au regard de tout intérêt et de tout motif. Mais ce que nous croyons être alors gratuit n’est que ce dont nous sommes incapables de percevoir les inévitables contraintes et donc les motivations cachées. Ce que nous appelons gratuité n’est que notre myopie vis-à-vis des contraintes de divers ordres qui conditionnent incontournablement les comportements de chacun. Un pur fantasme qui aimante notre désir à la mesure de son impossibilité.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Même pas méchant !
(23 septembre 2026)

L’homme globalement n’est pas méchant. Non pas que l’envie lui en manque, mais il ne dispose pas de suffisamment de puissance pour l’être. Il n’est donc que mauvais, c’est-à-dire qu’il prend un (…)

Principe de précaution
(19 septembre 2026)

On ne peut avoir d’indulgence pour autrui que si on a instauré avec lui une distance suffisante pour nous garantir de ne pas devoir en supporter les conséquences. — Par BLOOM

Trop tard !
(16 septembre 2026)

Une interprétation possible de la dépression post partum : que le corps se rende compte, de façon inconsciente, de l’erreur qu’il a commise en faisant croître l’espèce. — Par BLOOM

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM