On ne discute pas !

samedi 18 décembre 2021

Aucune discussion ne peut s’établir sans l’acceptation préalable, explicite ou implicite, par toutes les parties d’un socle minimal de réalité commune permettant de se comprendre à la fois sur la signification accordée aux mots employés mais aussi d’accorder un sens pertinent aux discours dans lesquels on les utilise pour discuter et de déterminer ainsi l’objet de la discussion et du sens dont il convient de le doter. Si ce minimum commun n’est pas assuré aucune discussion n’est possible parce que les réalités de chacun présentent trop d’incompatibilités. L’effet le plus dévastateur du communautarisme est de rendre de plus en plus difficile, du fait de son sectarisme culturel, l’atteinte d’un tel consensus minimal sur les contenus d’une réalité commune. D’y proscrire donc toute possibilité de discussion pour la remplacer par l’exercice sans frein d’une violence a minima symbolique et de plus en plus directement matérielle.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM

Sénilité
(25 mars 2026)

Faire tourner l’adversité à notre profit, comme moyen d’exercer notre puissance singulière, nous l’avons désappris, nous vieux européens. Parce que nous ne sommes même plus capables d’entendre (…)