Ravages

samedi 6 août 2022

Nous ne nous contentons pas de détruire matériellement le monde, nous le ravageons aussi intellectuellement. D’abord en simplifiant à l’extrême les définitions par lesquelles nous identifions ses éléments constitutifs afin de pouvoir les regrouper dans des catégories moins nombreuses mais de plus en plus indifférenciantes. Ensuite en appauvrissant et en édulcorant ces définitions pour les réduire à de simples jugements d’adhésion ou de rejet. Elles ne disent plus que le pour ou le contre, le bien ou le mal. Définitions de plus en plus morales, voire moralisatrices, de plus en plus émotionnelles, de plus en plus en plus binaires, qui facilitent d’autant la fonctionnalisation à marches forcées du monde en le vidant progressivement de toute nuance et de tout contenu encore un peu réel. C’est d’ailleurs par ce ravage intellectuel que tout commence puisque le monde se fait à l’image de ce que nous en disons.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

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(4 juillet 2026)

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Mouton enragé
(1er juillet 2026)

Le ressentiment est de nature fondamentalement grégaire parce qu’il se renforce systématiquement du fait de la justification qu’il trouve d’être partagé par la foule. — Par BLOOM

Le ventre de la bête
(27 juin 2026)

Rien n’autorise plus largement les excès de l’exercice global des pouvoirs que le ressentiment qu’il provoque et entretient auprès du plus grand nombre à l’encontre de certains individus ou (…)

Cousinage
(24 juin 2026)

L’indignation bruyante, publique, outrancièrement moralisatrice, n’est que le moyen de masquer l’indignité qui, pour conserver son confort, se refuse à agir directement contre ce qu’elle dénonce. (…)