Ravages

samedi 6 août 2022

Nous ne nous contentons pas de détruire matériellement le monde, nous le ravageons aussi intellectuellement. D’abord en simplifiant à l’extrême les définitions par lesquelles nous identifions ses éléments constitutifs afin de pouvoir les regrouper dans des catégories moins nombreuses mais de plus en plus indifférenciantes. Ensuite en appauvrissant et en édulcorant ces définitions pour les réduire à de simples jugements d’adhésion ou de rejet. Elles ne disent plus que le pour ou le contre, le bien ou le mal. Définitions de plus en plus morales, voire moralisatrices, de plus en plus émotionnelles, de plus en plus en plus binaires, qui facilitent d’autant la fonctionnalisation à marches forcées du monde en le vidant progressivement de toute nuance et de tout contenu encore un peu réel. C’est d’ailleurs par ce ravage intellectuel que tout commence puisque le monde se fait à l’image de ce que nous en disons.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Principe de précaution
(19 septembre 2026)

On ne peut avoir d’indulgence pour autrui que si on a instauré avec lui une distance suffisante pour nous garantir de ne pas devoir en supporter les conséquences. — Par BLOOM

Trop tard !
(16 septembre 2026)

Une interprétation possible de la dépression post partum : que le corps se rende compte, de façon inconsciente, de l’erreur qu’il a commise en faisant croître l’espèce. — Par BLOOM

Peine-à-jouir
(12 septembre 2026)

La médiocrité dans le plaisir consiste à ne pas l’éprouver de ce dont on jouit, mais seulement du fait qu’autrui n’en jouit pas parce qu’on l’en a privé. — Par BLOOM

Faut-il réagir ?
(9 septembre 2026)

Au fond de toute réaction il y a du ressentiment : on en veut de sa simple existence à ce à quoi on réagit. On ne peut pas le surmonter par sa propre affirmation, alors on s’y oppose. — Par BLOOM