Victimes et bourreaux

samedi 22 janvier 2022

Une des inconséquences les plus graves et les plus dangereuses découlant du victimisme contemporain triomphant revient à considérer que toute victime, du seul fait de sa reconnaissance en tant que telle, se trouve nécessairement porteuse du Bien. C’est-à-dire à transposer systématiquement le dommage subi, relevant a priori du droit, en certificat de moralité inattaquable. Ce qui amène assez souvent à encenser des victimes qui ne valent guère mieux que leurs bourreaux et sont susceptibles de devenir les bourreaux de demain. Ce qui par ailleurs ne modifie en rien le fait que ceux d’aujourd’hui continuent à relever du droit pour les actes qu’ils ont pu commettre.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Un oubli fréquent
(18 février 2026)

La dignité est la qualité que l’homme est enclin à perdre le plus facilement, pour autant qu’il en ait disposé auparavant. Il suffit qu’il croie à la promesse d’obtenir par là un bénéfice matériel (…)

Faux espoir
(14 février 2026)

On ne convainc jamais autrui par la force de ses raisonnements, mais parce que de quelque façon on a réussi à satisfaire un de ses affects. Ce qui explique que la conviction soit cause de tant de (…)

Au rebut !
(11 février 2026)

Lorsque la morale se retourne contre ceux qui l’édictent et qui en usent pour conformer les comportements globaux du plus grand nombre à leur avantage, et qu’elle les oblige à se plier aux mêmes (…)

La loi du discours
(7 février 2026)

La discursivité et la loi ont fondamentalement un rapport très étroit. De manière évidente pour la seconde puisqu’elle n’existe et ne peut avoir d’effets que par les discours qui l’énoncent et la (…)