Ce qu’on souhaite et ce qu’on oublie

mercredi 21 juillet 2021

Ce que souhaite le plus grand nombre n’est jamais d’exercer des pouvoirs, si étendus seraient-ils, mais de bénéficier au moindre coût du plus grand nombre possible d’usages du monde. C’est pour cette raison qu’il se détourne de plus en plus de la politique au sens large – mais s’y est-il réellement jamais intéressé – et qu’il se voue massivement au divertissement. L’exercice des pouvoirs, il le sent bien, requiert au bout du compte trop d’efforts. Mais ce qu’il oublie – veut oublier peut-être – c’est que les usages du monde auxquels il peut accéder sont déterminés par l’organisation globale de l’exercice des pouvoirs et que tout usage effectif du monde impose d’être un agent, plus ou moins impliqué selon l’usage, de cet exercice.

— 
Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

La loi du discours
(7 février 2026)

La discursivité et la loi ont fondamentalement un rapport très étroit. De manière évidente pour la seconde puisqu’elle n’existe et ne peut avoir d’effets que par les discours qui l’énoncent et la (…)

Résurgences
(4 février 2026)

La violence matérielle, en dépit de ce que prétendent les discours populistes qui cherchent à capitaliser du ressentiment pour en faire un marchepied à leurs désirs d’exercice des pouvoirs, est en (…)

Infection nosocomiale
(31 janvier 2026)

Rajouter la compassion à la blessure n’en diminue pas les effets désagréables, mais conduit au contraire à les augmenter en l’infectant durablement par la condescendance qui s’y manifeste. — - (…)

Petit bras
(28 janvier 2026)

Rien ne montre mieux l’extrême limitation de notre intellect que les difficultés qu’il éprouve à aller à l’encontre de la moindre de nos sensations. — - Par BLOOM