Ce qu’on souhaite et ce qu’on oublie

mercredi 21 juillet 2021

Ce que souhaite le plus grand nombre n’est jamais d’exercer des pouvoirs, si étendus seraient-ils, mais de bénéficier au moindre coût du plus grand nombre possible d’usages du monde. C’est pour cette raison qu’il se détourne de plus en plus de la politique au sens large – mais s’y est-il réellement jamais intéressé – et qu’il se voue massivement au divertissement. L’exercice des pouvoirs, il le sent bien, requiert au bout du compte trop d’efforts. Mais ce qu’il oublie – veut oublier peut-être – c’est que les usages du monde auxquels il peut accéder sont déterminés par l’organisation globale de l’exercice des pouvoirs et que tout usage effectif du monde impose d’être un agent, plus ou moins impliqué selon l’usage, de cet exercice.

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Par BLOOM

Les brèves dans Tribune

Une vanité mal placée
(1er avril 2026)

L’homme, globalement, pense peu, et ça a toujours été le cas. Parce qu’il est globalement peu singulier et que penser est fondamentalement singulier. Et puis pour le plus grand nombre il s’agit (…)

Figures imposées
(31 mars 2026)

On ne cède ni on ne renonce à l’exercice d’un pouvoir. Soit on le délègue parce qu’on a réussi à exercer un pouvoir plus étendu, qui l’englobe. Soit on le perd parce que quelqu’un l’a pris et nous (…)

Moutonnerie
(28 mars 2026)

La forme la plus basse de l’indignité est finalement de céder à la médiocrité au seul prétexte qu’elle est partagée par le plus grand nombre. Celle de l’instinct grégaire. — Par BLOOM

Sénilité
(25 mars 2026)

Faire tourner l’adversité à notre profit, comme moyen d’exercer notre puissance singulière, nous l’avons désappris, nous vieux européens. Parce que nous ne sommes même plus capables d’entendre (…)