De l’indignité à l’indignation

mercredi 25 août 2021

Lorsque par paresse, laisser-aller, inconséquence, on a laissé toute latitude à l’indignité pour s’installer – qu’elle nous touche directement ou qu’elle concerne autrui – rien n’est plus opportun, pour se donner quand-même bonne conscience, que de s’indigner le plus bruyamment possible de ses conséquences les plus indirectes et les plus anodines, moyen de donner le spectacle d’une dignité qu’on a depuis longtemps reniée.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Mouton enragé
(1er juillet 2026)

Le ressentiment est de nature fondamentalement grégaire parce qu’il se renforce systématiquement du fait de la justification qu’il trouve d’être partagé par la foule. — Par BLOOM

Le ventre de la bête
(27 juin 2026)

Rien n’autorise plus largement les excès de l’exercice global des pouvoirs que le ressentiment qu’il provoque et entretient auprès du plus grand nombre à l’encontre de certains individus ou (…)

Cousinage
(24 juin 2026)

L’indignation bruyante, publique, outrancièrement moralisatrice, n’est que le moyen de masquer l’indignité qui, pour conserver son confort, se refuse à agir directement contre ce qu’elle dénonce. (…)

Extinction des feux
(20 juin 2026)

Toute bougie qui est sur sa fin, qui va s’éteindre, charbonne inévitablement, voit sa mèche s’engluer dans sa cire. Il est plus digne et plus opportun de la moucher avant. — Par BLOOM