Laissez venir à moi les petits enfants

samedi 22 octobre 2022

Aux dernières nouvelles il serait devenu impératif d’écouter l’enfant qui subsisterait en tout adulte, de lui faire toute la place qui lui revient, d’arrêter de le censurer et de le brimer. Et tout ce qui va mal dans le monde trouverait ainsi sa solution. L’enfant devient ainsi notre ultime fascination, le modèle indépassable auquel nous conformer, alors même que pendant des siècles il n’a eu que la figure de l’impuissance. Et c’est peut-être de nous en être rendu compte qui nous l’a enfin rendu si désirable. D’abord bien entendu pour l’exercice global des pouvoirs, parce qu’il assigne chacun à la soumission de l’infans, voire à l’impuissance radicale du puer. Pour chacun ensuite, parce qu’il y trouve une justification à son irresponsabilité, à son inconséquence, à ses caprices et à son ressentiment. Qu’il maquille sous le terme d’innocence, moralement valorisé et ouvrant largement la voie au victimisme.
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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Au large
(22 août 2026)

Toute distance que l’on prend est une indépendance qu’on se donne vis-à-vis de ce qu’on met à distance. Et toute indépendance supplémentaire est un pas de plus vers la singularité. — Par BLOOM

Cache-misère
(19 août 2026)

L’objectivité, paravent derrière lequel se cache l’impuissance à clairement affirmer ce qui convient, ou tout au moins convient le mieux. — Par BLOOM

Substitution
(15 août 2026)

Comment nous avons changé la valeur de la vertu : en en faisant une affaire de conformité grégaire alors qu’elle était respect de la stricte convenance individuelle. — Par BLOOM

Une pente fatale
(12 août 2026)

L’impuissance est par nature inconséquente et ressentimiste puisqu’elle accuse systématiquement un autrui quelconque des effets de ses faiblesses et de ses incapacités, ce qui ne peut au final que (…)