Le contemporain c’est déjà le passé

samedi 29 juillet 2023

L’illusion toujours répétée du contemporain est de croire être parvenu à annuler l’incompressible délai qu’il lui faut pour construire sa présence mondaine, puis la doter d’un sens qu’il prétend systématiquement nouveau, à partir de la perception partielle qu’il a du réel dont il la tire. Quoiqu’il fasse et prétende, il est toujours déjà de l’ordre du passé et voué à l’usure que lui impose la chronologie. Seul l’intempestif y échappe, mais il ne réclame ni sens ni monde, ceci expliquant sans doute cela.
— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Mouton enragé
(1er juillet 2026)

Le ressentiment est de nature fondamentalement grégaire parce qu’il se renforce systématiquement du fait de la justification qu’il trouve d’être partagé par la foule. — Par BLOOM

Le ventre de la bête
(27 juin 2026)

Rien n’autorise plus largement les excès de l’exercice global des pouvoirs que le ressentiment qu’il provoque et entretient auprès du plus grand nombre à l’encontre de certains individus ou (…)

Cousinage
(24 juin 2026)

L’indignation bruyante, publique, outrancièrement moralisatrice, n’est que le moyen de masquer l’indignité qui, pour conserver son confort, se refuse à agir directement contre ce qu’elle dénonce. (…)

Extinction des feux
(20 juin 2026)

Toute bougie qui est sur sa fin, qui va s’éteindre, charbonne inévitablement, voit sa mèche s’engluer dans sa cire. Il est plus digne et plus opportun de la moucher avant. — Par BLOOM