Magique

samedi 2 juillet 2022

Face aux effets dévastateurs des catastrophes – et celles-ci se font de plus en plus nombreuses du fait de nos inconséquences répétées et technologiquement amplifiées – nous avons à leur égard, en dépit de l’extension sans précédent de nos moyens scientifiques, une attitude de plus en plus exclusivement moralisante. C’est-à-dire que, même lorsqu’elles ne relèvent clairement que de causes strictement naturelles, nous en cherchons systématiquement des responsables pour tenter d’en exorciser les effets en les condamnant plutôt que d’en rechercher les causes pour éventuellement tenter de les corriger. Sans doute faut-il même voir là une forme de retour inavoué à la conjuration magique par le sacrifice rituel d’un pharmakon.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Le caillou dans la chaussure de la signifiance
(24 décembre 2025)

Le problème du langage, et donc de toute langue, n’est pas le signifiant – il en a pléthore, quitte à l’inventer lorsque nécessaire. Mais de lui faire correspondre de façon suffisamment efficace (…)

Dépérissement
(20 décembre 2025)

Toute langue n’a d’autre référence, en dépit de sa prétention à dire la vérité du réel, que son propre système de fonctionnement. Lorsqu’elle dit cette supposée vérité, elle ne fait que doubler, (…)

Mauvaise pente
(17 décembre 2025)

Nous ne sommes si prompts à asservir, à nous asservir et à nous laisser asservir que parce que nous sommes une espèce grégaire. Et que cette grégarité requiert nécessairement une servitude (…)

Domination
(13 décembre 2025)

Ce qui fait qu’au fond il n’y a pas de véritable raison de se battre pour ceux qu’on qualifie de dominés, c’est que s’ils étaient aux places qu’occupent ceux qu’on appelle dominants ils se (…)