D’une grâce disparue

samedi 21 mai 2022

Ce qui se voit encore chez les bêtes sauvages – et qui à peu près disparu chez celles que nous avons domestiquées, qui n’en manifestent plus guère que des vestiges inversement proportionnés à leur niveau de domestication, pour s’absenter quasi-systématiquement chez nous, ce qui en dit long sur notre propre degré de domestication – est cette absence radicale de conscience du corps dans leurs mouvements, cette totale sortie de toute représentation corporelle pour eux-mêmes et pour autrui, qui les dote d’une grâce singulière et immanente qui s’éloigne de plus en plus de nos existences de plus en plus intégralement réalistes.

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Par Bloom

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