D’une grâce disparue

samedi 21 mai 2022

Ce qui se voit encore chez les bêtes sauvages – et qui à peu près disparu chez celles que nous avons domestiquées, qui n’en manifestent plus guère que des vestiges inversement proportionnés à leur niveau de domestication, pour s’absenter quasi-systématiquement chez nous, ce qui en dit long sur notre propre degré de domestication – est cette absence radicale de conscience du corps dans leurs mouvements, cette totale sortie de toute représentation corporelle pour eux-mêmes et pour autrui, qui les dote d’une grâce singulière et immanente qui s’éloigne de plus en plus de nos existences de plus en plus intégralement réalistes.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Le ventre de la bête
(27 juin 2026)

Rien n’autorise plus largement les excès de l’exercice global des pouvoirs que le ressentiment qu’il provoque et entretient auprès du plus grand nombre à l’encontre de certains individus ou (…)

Cousinage
(24 juin 2026)

L’indignation bruyante, publique, outrancièrement moralisatrice, n’est que le moyen de masquer l’indignité qui, pour conserver son confort, se refuse à agir directement contre ce qu’elle dénonce. (…)

Extinction des feux
(20 juin 2026)

Toute bougie qui est sur sa fin, qui va s’éteindre, charbonne inévitablement, voit sa mèche s’engluer dans sa cire. Il est plus digne et plus opportun de la moucher avant. — Par BLOOM

Gain de temps
(17 juin 2026)

Il vaut encore mieux être ignoré que compris. On s’épargne ainsi le temps perdu à corriger les malentendus. — Par BLOOM