D’une grâce disparue

samedi 21 mai 2022

Ce qui se voit encore chez les bêtes sauvages – et qui à peu près disparu chez celles que nous avons domestiquées, qui n’en manifestent plus guère que des vestiges inversement proportionnés à leur niveau de domestication, pour s’absenter quasi-systématiquement chez nous, ce qui en dit long sur notre propre degré de domestication – est cette absence radicale de conscience du corps dans leurs mouvements, cette totale sortie de toute représentation corporelle pour eux-mêmes et pour autrui, qui les dote d’une grâce singulière et immanente qui s’éloigne de plus en plus de nos existences de plus en plus intégralement réalistes.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Petit bras
(28 janvier 2026)

Rien ne montre mieux l’extrême limitation de notre intellect que les difficultés qu’il éprouve à aller à l’encontre de la moindre de nos sensations. — - Par BLOOM

Optimisation fonctionnelle
(24 janvier 2026)

L’avantage que les automates ont sur nous est qu’ils n’ont pas besoin de se persuader de leur liberté pour fonctionner. Ce qui explique la tendance constante de la réalité à tenter de nous (…)

Un peu de bon sens !
(21 janvier 2026)

Ce qu’il y a de plus insupportable dans le monde n’est pas qu’il n’ait aucun sens – un minimum de lucidité suffit à s’en accommoder – mais que nous cherchions à toute force, en tant qu’espèce, à (…)

Dialogue de sourds
(17 janvier 2026)

La règle fondamentale de la communication interindividuelle est le double malentendu. Parce que celui qui parle ne dit jamais ce qu’il croit dire, contraint qu’il est par la langue dont il use, et (…)