Par défaut

samedi 23 juillet 2022

Ce qui nous individue, nous fait exister et quelquefois vivre, nous échappe définitivement et irrémédiablement. C’est tout ce qui s’impose à nous de l’espèce, de la lignée dont nous sommes le surgeon, de la langue que nous parlons et de la culture qui en use pour se diffuser, des situations où nous sommes plongés. Avec ce que ça comporte d’inévitable hasard, qu’il soit génétique ou circonstanciel. C’est trop radicalement et singulièrement compliqué, trop intempestif, d’un passé à la lettre immémorial, pour que nous puissions jamais y accéder et y comprendre quoi que ce soit. Alors nous tentons de pallier ce manque, cette perte, par la croyance, aux dieux, au monde, au sujet, à l’Homme, à la science et à ses dérivés technologiques. A la première notion qui passe à portée de notre intellect et qui semble en mesure de nous distraire de cette absence radicale d’origine.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Trop tard
(27 décembre 2025)

L’obtention, la conservation et l’extension de ce que nous considérons être notre confort, matériel et intellectuel, est ce qui nous conduit le plus sûrement aux pires renoncements. Dont nous ne (…)

Le caillou dans la chaussure de la signifiance
(24 décembre 2025)

Le problème du langage, et donc de toute langue, n’est pas le signifiant – il en a pléthore, quitte à l’inventer lorsque nécessaire. Mais de lui faire correspondre de façon suffisamment efficace (…)

Dépérissement
(20 décembre 2025)

Toute langue n’a d’autre référence, en dépit de sa prétention à dire la vérité du réel, que son propre système de fonctionnement. Lorsqu’elle dit cette supposée vérité, elle ne fait que doubler, (…)

Mauvaise pente
(17 décembre 2025)

Nous ne sommes si prompts à asservir, à nous asservir et à nous laisser asservir que parce que nous sommes une espèce grégaire. Et que cette grégarité requiert nécessairement une servitude (…)