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samedi 23 juillet 2022

Ce qui nous individue, nous fait exister et quelquefois vivre, nous échappe définitivement et irrémédiablement. C’est tout ce qui s’impose à nous de l’espèce, de la lignée dont nous sommes le surgeon, de la langue que nous parlons et de la culture qui en use pour se diffuser, des situations où nous sommes plongés. Avec ce que ça comporte d’inévitable hasard, qu’il soit génétique ou circonstanciel. C’est trop radicalement et singulièrement compliqué, trop intempestif, d’un passé à la lettre immémorial, pour que nous puissions jamais y accéder et y comprendre quoi que ce soit. Alors nous tentons de pallier ce manque, cette perte, par la croyance, aux dieux, au monde, au sujet, à l’Homme, à la science et à ses dérivés technologiques. A la première notion qui passe à portée de notre intellect et qui semble en mesure de nous distraire de cette absence radicale d’origine.

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Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Jardin d’enfants
(5 septembre 2026)

Un des symptômes les plus visibles de notre infantilisation galopante consiste à réclamer haut et fort notre droit à l’autonomie lorsque celle-ci ne nous coûte aucun effort, mais à exiger l’aide (…)

A l’étroit
(2 septembre 2026)

Nous ne percevons que ce que nous permet notre perception et selon les modalités qu’elle nous impose. D’où on doit conclure à la relative exiguïté de notre monde. — Par BLOOM

Donnant-donnant
(29 août 2026)

La volonté est l’illusion accordée au sujet en contrepartie de sa nécessaire soumission aux diverses contraintes qui l’individuent. — Par BLOOM

Contre-poison
(26 août 2026)

Hygiène de vie : savoir le désastre inéluctable pour l’espèce mais ne jamais se prêter à ce qui le fomente, lutter pied à pied contre ce qui le précipite. Et y trouver sa gaieté. — Par BLOOM