Question de point de vue

lundi 27 décembre 2021

Nous ne comprenons pas plus autrui qu’il ne nous comprend. D’ailleurs nous ne nous comprenons même pas nous-mêmes. Nous ne faisons qu’évoluer au milieu d’un ensemble d’images projetées, celle que nous nous faisons de nous-mêmes, celle que nous nous construisons d’autrui à la ressemblance de la première et celle qu’il se fait de nous à la sienne. Et nous croyons nous comprendre lorsque ces images, sous l’effet contraignant de la commune culture, en viennent à coïncider un peu. Et nous nous instituons victime de l’incompréhension si elles diffèrent trop les unes des autres – ce qui est le cas le plus courant et constitue un des moteurs les plus sûrs de notre ressentiment généralisé. Alors que nous devrions nous réjouir de cette incompréhension comme d’une marque de notre singularité.

— 
Par Bloom

Les brèves dans Tribune

Un signe qui ne trompe pas
(9 mai 2026)

La marque de la puissance : en toute circonstance trouver – créer ? – le prétexte à se surmonter. — Par BLOOM

Un autre type de selfie
(6 mai 2026)

Le « roman » autobiographique est à la littérature ce que le selfie est à la photographie, un sous-produit narcissique de la consommation culturelle de masse qui prétend à une qualité qui lui fait (…)

Douce violence
(2 mai 2026)

Nous sommes devenus à ce point impuissants qu’il nous faut désormais justifier tout usage de la violence par une cause morale. En oubliant que toute morale est déjà la formalisation, au moins (…)

Comment beaucoup de mensonges font une vérité
(29 avril 2026)

Notre survie effective, en tant qu’espèce, dans le monde, dépend intégralement du mensonge. Mensonge quant aux contenus de celui-ci et à ses fonctionnements au regard des survenirs singuliers du (…)